Trajectoires ÉcologiqueS et Société

L’équipe de recherche Trajectoires Ecologiques et Société (TESS) étudie les interactions entre les processus écologiques et l’organisation des sociétés humaines au sein des systèmes socio-écologiques (SSEs). Les approches sont interdisciplinaires et comprennent des méthodes classiques en écologie mais aussi des méthodes utilisées en anthropologie et en sciences économiques.

De manière générale, nous nous intéressons à l’émergence de la complexité dans les SSEs. Nos objectifs sont de comprendre et de prévoir les dynamiques de la gestion d’écosystèmes et la gouvernance de SSEs, en nous concentrant spécifiquement sur leurs propriétés de transformabilité. Nous nous inscrivons largement dans les objectifs de la commission interdisciplinaire 52 du CNRS.

Laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution RESPONSABLE : Bruno Colas

Axes de recherche :

Un des plus grands défis de la recherche sur les socio-écosystèmes dans le long terme est a) d’identifier les processus qui ont produit des changements dans le passé ; et b) d’anticiper les nouveaux processus émergeants potentiellement responsables de changements futurs.

Dans cet axe de recherche, nous nous focalisons sur les causes et les effets des décisions de gestion et de gouvernance d’écosystèmes, et sur des politiques publiques impliquées dans l’évolution de l’aménagement du territoire, dont la compensation écologique.

Les systèmes socio-écologiques étudiés comprennent les massifs de forêts et les zones cultivées en Europe, les zones urbaines et péri-urbaines en France et en Europe, ainsi que différents écosystèmes dans les Andes tropicales en Amérique du Sud.

Il y a de plus en plus de preuves des fortes pressions sélectives induites par les modifications de paysages et d’écosystèmes par des causes naturelles ou anthropiques. Ces modifications peuvent changer non seulement la composition des communautés mais aussi devenir un facteur d’évolution rapide entre différents assemblages d’espèces.

Ici, nous regardons les processus évolutifs qui se succèdent dans les paysages gérés, notamment dans les zones agricoles. À une échelle plus large, cet axe de recherche explore les interactions entre humains et non-humains, et s’interroge sur l’influence des décisions humaines sur les trajectoires évolutives de ces deux derniers.

Après avoir longtemps considéré les humains comme un facteur de perturbation externe aux écosystèmes, écologues et biologistes de l’évolution s’intéressent de plus en plus aux savoirs locaux, autochtones ou paysans dans leurs recherches sur la biodiversité passée, présente et future. Comprendre et interpréter les interactions entre humains et non-humains au cœur des écosystèmes demeure un défi interdisciplinaire qui doit en permanence être relevé.

L’axe « Savoirs locaux et autochtones & écologie » développe des projets de recherche en écologie et en ethnoécologie qui traitent des questions soulevées par la prise en compte des savoirs et des usages des communautés humaines dans le fonctionnement des écosystèmes, et par les interactions entre différents systèmes de savoirs sur la nature.

La translocation d’espèces à des fins de conservation, qu’elle soit volontaire ou non (invasions), est un enjeu sociétal qui va s’accentuer avec l’expansion urbaine et péri-urbaine et la mondialisation des échanges de marchandises. Cet axe de recherche vise à documenter et évaluer l’ampleur de la pratique de translocation d’espèces en Europe ainsi que les conditions écologiques et socio-économiques de sa réussite ou son échec.

À une échelle spatio-temporelle plus large, cet axe analyse comment les processus d’une économie mondialisée ont conduit à la dispersion involontaire de groupes particuliers d’insectes sociaux.