
Dans une étude publiée dans Conservation Biology, une équipe internationale de scientifiques, dirigée par Céline Bellard (ESE, équipe BioM) et coordonnée par Clara Marino (FRB-CESAB, projet RIVAGE), a évalué pour la première fois la vulnérabilité des espèces insulaires face aux pressions anthropiques multiples sur un échantillon de 6 archipels mondiaux.
Les îles abritent une biodiversité unique et riche, mais leur biodiversité est particulièrement menacée par les changements globaux. Pourtant, si les études ont souvent analysé les impacts de menaces individuelles (comme le changement climatique ou les invasions biologiques), aucune n’avait encore quantifié la vulnérabilité cumulative des espèces insulaires face aux trois principaux facteurs de stress : le changement climatique, les modifications d’usage des sols et les invasions biologiques.
En combinant des données biogéographiques des 45 îles et des données écologiques des 266 espèces d’oiseaux et de mammifères qu’elles abritent, les chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode pour calculer leur vulnérabilité en tenant compte à la fois de la sensibilité de ces espèces aux menaces et de leurs capacités d’adaptation. Leurs résultats révèlent des disparités marquées entre les archipels : Hawaï, les Açores et les Mascareignes apparaissent comme les archipels les plus vulnérables, avec des menaces dominantes variables. Par exemple, les invasions biologiques et le changement climatique sont les menaces dominantes à Hawaï tandis que les îles des Mascareignes et des Açores souffrent particulièrement du changement d’usage des sols avec l’urbanisation et la conversion des terres vers l’agriculture. Au contraire, la biodiversité de certaines îles montrent des caractéristiques spécifiques qui leurs offrent une résilience importante faces aux différentes menaces, c’est par exemple le cas des Galápagos et de Tristan da Cunha.
Cette étude, sur un échantillon de 45 îles, démontre qu’il est possible d’identifier les îles les plus exposées et les mécanismes sous-jacents à leur vulnérabilité. Ces résultats offrent des pistes concrètes pour identifier les priorités en termes de conservation et de gestion des menaces, en ciblant les archipels et les menaces les plus critiques. Une avancée essentielle pour protéger la biodiversité insulaire et les services écosystémiques qui en découlent.
Lire l’article : https://conbio.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/cobi.70261